mardi 1 novembre 2011

Quand l'imprévisible nous assiège ou nous enchante, à notre corps défendant.


Plus bas dans la vallée, il y a le cimetière. 14 tombes rangées. 14 dalles de béton alignées posément, comme coulées, fondues dans les entrailles de la terre. 14 croix de ciment se dressant comme traits d’union entre hauteurs et profondeurs.
Au-dessus d’elles, les arbres déploient leur feuillage, apportant un peu d’ombre et de fraîcheur. La terre dure, battue, résistante, enveloppe chaque dalle, chaque cercueil telle une armure protectrice. La chaleur rend le sol encore plus imperméable en saison sèche. Les allées sont couvertes d’une poussière épaisse, une poudreuse maculée d’aiguilles, d’herbes, de brindilles sèches et d’écorces d’arbres ayant quitté leur tronc sous l’effet de la chaleur.
Je préfère ce lieu en saison des pluies : la verdure masque davantage l’âpreté de ce cimetière, où la nature est reine, paisible gouvernante de ce lieu quasi abandonné des hommes. Elle semble moins hostile, plus câline, même si elle reste tout aussi sauvage et désordonnée. Ici, la nature est naturante, elle est énergie, création ininterrompue, inventivité, intensité. J’aime y surprendre un oiseau, venu apporter sa touche de sonorité et briser le silence qui règne à tout moment de la journée ou de l’année. Car le lieu est calme. Pas un souffle, comme si le dernier était parti avec ces morts enterrés.

On dit de ces morts qu’ils ne sont plus.
On dit de moi que je suis.

Pourtant, je ne vois rien, ni en moi, ni hors de moi, qui possède quelqu'être que ce soit ou qui relève de l'être. Je ne vois en toute chose que branle et passage, et jusque dans les structures qui apparaissent les plus solides et durables. Rien ne résiste au temps, rien qui ne se modifie sans cesse, et qui, tout en existant, ne soit déjà à périr, à se transformer en autre chose : mouvement universel, impermanence.
Je me résous à penser en dehors de l'être et du non-être, dans une toute autre catégorie, celle de l'interaction des processus, de la mobilité imprédictible, de la silencieuse coïncidence. Je cherche à me rendre disponible aux subtiles évolutions du monde, de mes désirs, épousant le mouvement, et l'infléchissant au bon moment.

Il est tellement facile d’en venir à déprécier le monde sensible, jugé trop mouvant, trop insaisissable, et à l’affecter de tous les maux de la relativité et de la subjectivité. Il en résulte cette terrible dichotomie du sensible et de l'intelligible, cette séparation absurde de l'âme et du corps. 

On dit de ces morts qu’ils ne sont plus.
On dit de moi que je suis.



dimanche 15 mai 2011

Dans l’instant (1)


Je ne suis pas très citation. En règle générale, je me méfie même des gens qui citent à tort et à travers. Vous me direz, j'ai aussi des problèmes avec les gens qui ont toujours un parapluie sur eux, avec le poste de « directeur des ressources humaines », avec les optimistes extrémistes...
Cependant, j'ai mes petites phrases comme tout le monde...
Surtout une : « Il est des vents qui ne se perçoivent que lorsqu'ils soufflent. Leur frais est enfant de l'instant et leur musicalité a vite fait de se diluer dans le bruit du monde.»

Une dizaine de mètres, une foule d’ombres inconnues nous séparent, mais je perçois son souffle.
Il est tout de noir, noblement galbé dans un costume bien coupé qui dessine ses lignes pleines.
Il porte dans toute sa personne, dans une toilette simple, dans sa posture élancée, dans ses gestes rares, quelque chose d’ardent.

La sonnerie du Grand Théâtre retentie et m’extirpe de ma foudre.
La foule, elle, se déplace et se disperse dans les étages confinés.
Un dernier regard sur lui avant de rejoindre ma place à mon tour.

Mais ?!
Il reste là, face à moi.
Il me fixe maintenant.

Je me sens alors embarquée dans un vaisseau qui sera tantôt balloté par la houle, tantôt bercé par la bonace. Je ne sais plus où je suis, ce que je suis venue faire dans ce grand hall à la moquette rouge désertée.
J’implore d’une petite voix les anges dorés qui peuplent le plafond baroque de la pièce : « Pourriez-vous m’aider ? » Les petits anges se détournent de moi et se contentent d’échanger des sourires entre eux. Quelle bande de plâtre !

C’est alors qu’une voix grave, douce, magnétique, semblant donner la réplique à un personnage de feuilleton égyptien, dit:
-       « I have a deal for you »

Il n’avait pas bougé. Ses mots avaient bien été orientés dans ma direction, mais ils ricochaient sur toutes les faces de la pièce, venant bourdonner à l'une de mes oreilles qui n’en croyait pas l’autre.

Un ange se décroche du plafond, passe …et me souffle :
-       « You don’t have a deal for me. I’m your deal. »

Je prends la direction des deux portes battantes donnant sur le parvis du Théâtre.
La nuit était étoilée, la lune juste dans mon dos...




Photo : Kor Photography

lundi 2 mai 2011

A l'ombre sous le soleil

Un des avantages du soleil - on ne le remarque pas assez souvent - c'est qu'il nous permet de vivre à l'ombre. Et donc de découvrir l'ombre, de l'apprécier. Si tout était ombre, nous ne pourrions que l'ignorer.



Vous voyez ce que je vois?
Une ombre si présente, si tactile, que par moments, le soleil aidant, la sueur me monte au front, rien qu'à la regarder.
Cette même ombre m'aère alors que je m'étouffe, me rafraichie alors que j'ai trop chaud. Sensation fraîche d'une caresse solaire, elle est une invitation à rester à l'ombre.

Vous voulez que je me rapproche de vous?
Non.
Je dois vraiment rester tapie dans l'ombre.
Je vous regarde de mes mains et vous caresse de mes yeux. Dans l'ombre.
Si je m'approche de vous, sans même m'en rendre compte, je finirais par attraper une insolation.
Aussi simplement que nous nous mettons à l'ombre pour nous protéger du soleil, je me mettrais à goutter pour me protéger de votre feu. Sans même me toucher, vous réussiriez à m'écraser, me réduire, m'envahir, me déformer, me décolorer et me brûler.

Déjà dans l'ombre, à vous regarder, je me mets en cendres.
Mes cheveux embrasés se mettent à danser comme au temps des moissons, mes seins d'airain pointent le ciel pour implorer la pluie.
Fédérée par mon esprit et mes sens, je me laisse totalement fondre, bouche haletante et cuisses fiévreuses. Le scintillement de mes pupilles accélère le mouvement épileptique de mes mains sur mes lèvres sexuées.
Rien en vous n'échappe à mes lumières, tout de moi vous supplie d'éteindre ces flammes qui lèchent ma peau. Eblouie par cette montée de chaleur, je vous supplie de me glacer le sang...
...
Alors qu'en serait-il si je devais me rapprocher de vous ?





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Collection : une photo, un texte. 
Photographie de  Jedi.

lundi 4 avril 2011

A chaque jour, son ailleurs






Vous êtes entrés dans ma vie un jour précis, sans doute. Mais ma mémoire ne connait pas de date et je règle mon souffle sur l'éternité des gens que j'aime.
Le lendemain et les jours suivent, je ne suis que l'ombre de mon ombre.
Je n'aspire plus qu'à une faveur, d'emblée divine : vous retrouver. 
Je voudrais à nouveau côtoyer votre être et ne faire plus qu'un avec vous. 
Moi, vous, JE.
Peu importe la possession, rien ne m'attire dans votre corps malingre enchiffonné dans quelques pièces de tissus. Je voudrais seulement me noyer dans vos yeux, métaphore mièvre avais-je toujours pensé, mais non c'est l'expression la plus exacte, me noyer dans vos yeux pour aborder l'autre rive et m'échapper.

Mes derniers pas avant vos bras finiront d'éteindre les bruits du monde. Ne me parviendront alors que des bribes, de floues agitations et quelques bruits sourds qui feront le lit de nos mots et silences. Votre sourire posé sur moi parachèvera mon départ pour notre pays des rêves. 
Avec un sentiment de hâte et une joie d'enfant qui aurait grandi sans jamais être adulte, nous partirons, encore une fois. 
Nous reviendrons, bien sur, mais jamais entiers, et jamais vraiment les mêmes. Comme si on transportait nos esprits, chaque jour un petit peu, vers un ailleurs connu de nous seuls. Un jour peut-être, il y aura plus de nous dans cet ailleurs, qu'ici bas.   

J'ai envie de me perdre encore et encore, par vous et en vous.

J'ai envie de vous.





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Collection : une photo, un texte. 
Photographie de  Jedi.

Collection : une photo, un texte

Voilà une douce folie à laquelle je me laisse tenter...
A une photo que Jedi a la gentillesse de faire pour moi (oui, j'ai beaucoup de chance!), j'écris un texte. 

Le principe de la collection:
Une photo est faite en exclusivité par Jedi pour cette collection et m'est envoyée. 
A chaque photo reçue, je chercherai à associer une émotion à l'érotisme évoqué.
Cette émotion pourra être celle partagée par un homme ou une femme.

Premier essai très bientôt...






jeudi 24 mars 2011

Terrain glissant



Vous êtes allongés sur la table, sur le ventre, totalement nu.
Traditionnel massage, c’est comme si le soleil s’étalait sur vos larges épaules, vos fesses rebondies et vos mollets tendus. 
Mon corps chaud et vernis officie comme une machine bien huilée. Votre danseuse nue doit vous tripoter sans retenue.

Caresses de la pulpe des doigts pour faire pénétrer la substance sirupeuse. Baisers de la pointe des seins pour tenter votre peau délassée. 
Je vous badigeonne avec mes cuisses et vous affrictionne avec mes joues.
Je laisse glisser mes reins pendant que ma chevelure disperse les fragrances d’huile à la rose musquée.


Votre nuque se détend mais vos membres s’étourdissent.
Votre corps se déforme, tenté par le vice.
La surface de votre peau devient totalement érectile, vous décidez de vous retourner.


Vous êtes allongés sur la table, sur le dos, totalement tu.
Mes mains survolent votre peau, glissent le long de votre torse et folâtrent sur votre ventre.
Ma croupe vous fait de l’ombre sur le visage alors vous ouvrez les yeux. Aussitôt, les foudres de ma bouche soyeuse vous rendent aveugle. 
Ma langue musarde et se délecte malicieusement. Mes doigts se distendent sur les tissus et se réunissent pour tendre les muscles. Mes paumes pétrissent vos bourses fermes et moelleuses, malaxent vos chevilles abandonnées aux contorsions.
Mes coudes ondulent au creux de votre aine. Mes lèvres recourbées de velours humides assurent un rythme constant à votre membre ravi. Mes seins luisants battent la cadence sur mes poignées. Mes hanches suivent le mouvement hypnotisant.


Savant corps à corps où chaque centimètre de peau est vouvoyé, où même le gland sait être poli.
Je vous complimente.
Vous me faîtes la promesse de faire ruisseler mon visage d'un lait velouté.

samedi 12 mars 2011

BON POUR...

...la rencontre tactile
la descente facile
la montée reptile
la bouche docile
la douche en mille 
les fesses dressées
les mains tressées
les dessous baissés
la peau tassée
les bouts sucés
les trop imposés
les vides comblés
les dures subis
les doux sombrés
les cous cambrés
les goûts proposés
les tout assouvis
les mots dictés
les joues lactées
les genoux sollicités
le sol rapproché
l'enfer visité
le paradis investi
le corps donné
le temps dure
le mur mure
la mort sure

à ton fur et ta mesure.






lundi 7 mars 2011

Symphonie avec Acorps majeur


C'est comme dans la musique, les noires côtoient les blanches, et les silences sont maitres de toute mesure. 
Tu géreras la lumière et choisiras toi-même le mur de mon supplice. J’y verrai le noir servir notre nudité et la lumière offrir à notre pudeur un parfum de scandale.
Poupée de rire, je muerai alors en femme fatale et vorace, consommant le chaud et le cru. Bandante et fendue au milieu, ma langue goûtera de toi toutes les salives, j'aimerai avant d'humer, et avalerai sans compter. Ma peau baisera la tienne et mes yeux feront le plein de toi pour les jours sans toi.

Mais à trop te vouloir, tu refuseras de me percher sur ta dure réalité.
Tu nourriras seulement une bouche et pas l'autre. 
Tu contenteras juste les peaux et les mots.
Et tu écriras une sym-folie en dos majeur pour moi qui aime la cadence et l'indécence... 
Penchée sur ton ouvrage, tu obligeras mes sens à jouer pour toi, j’aurai à cœur et à cri d'honorer ta partition :
- J’aurai les yeux bandés pour que ma bouche et mon nez s'abreuvent de senteur et bondissent sur la proie pour en saisir le goût et le bout
- Je serai bâillonnée afin que mes yeux voient, que mon nez sente mais que je ne puisse entourer de lèvres ce que ma langue voudra lécher et tutoyer 
- Je serai nouée des poignets afin de subir sans choisir et sucer sans faillir 
- Ma joue chérira le sol et mes coudes seront solidaires pour attendre et entendre la profusion de toi dans mon eau de feu 
- Joueur et jouisseur, tu ne me quitteras pas des yeux quand tu te feras fontaine. En dame blanche, ta tige me fêtera et signera ma peau d'un lait d'absolu qui sera toi, au plus profond de moi...          




mardi 1 mars 2011

Au delà des dragons, je vous veux!



Quand ils traçaient la carte du monde, les anciens cartographes qui pensaient ce monde fini lui dessinaient une frontière, et écrivaient en lisière de cette frontière "passé ce cap il y a des dragons" pour imager la méconnaissance de ce qui pouvait se trouver au-delà de cette ligne. 

J'ai entrouvert la porte du manège enchanté qui fait tourner les humains les uns autour des autres, vous étiez en face. Le temps de se regarder et la confiance et la complicité étaient là. 
Il y a peut être des dragons derrière cette porte, mais mon envie de vous l'emporte sur les peurs et les cartographes. 

Je veux vous voir jouir, je veux toucher vos sens, je veux sentir vos tripes, je veux vous vivre, je veux votre envie.
Mes mains, ma bouche, tout de moi veut explorer tout de vous. Les peaux seront cuites et les frottements sauront décupler les fièvres et les sueurs. Nous jouirons de pair au plus profond de la nuit avant de se coller pour se regarder de très près, de trop près. Cette zone dans laquelle l'autre devient flou et partiel, comme pour nous obliger soit à reculer, soit à accepter que son visage devienne un nuage aux contours imprécis, aux traits flottants! 

Il y a deux infinis physiques, l'infiniement grand que nous ne pouvons appréhender qu'en théorie, et l'infiniement petit derrière lequel nous courons "nanoniquement".. Puis il y a les infinis de chacun, et ceux que l'on se fabrique à deux. Rien ne vaut ceux-là car notre être et notre émoi deviennent l'échelle de mesure. Nous avons alors l'impression inouie de mesurer l'incommensurable, de sonder les profondeurs du temps, alors que nous sommes le plus souvent dans l'éphémère le plus pur.

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C'était la digression du jour sur une de nos discussions et une invitation à fabriquer notre infini ensemble.


dimanche 27 février 2011

Ne pas succomber....trop vite

"oh ça va! Pas la peine de me regarder comme ça!
T'as pas vidé le ballon d'eau chaude j'espère?"

lundi 21 février 2011

En Suce'tentation













Il est de ces gourmandises qui fondent dans la bouche, pas dans la main...
Il en est d'autres auxquelles il suffit de toucher de nous le bout et les sens une seule fois, pour imprégner notre être à jamais. Notre épiderme devient émo-derme, il fait sienne chacune des sensations...et fondent dans la bouche et dans la main.
C'est la seule gourmandise à laquelle on donne rendez-vous. Un jour, à un heure précise, on s'arrête d'être et d'avoir, on accueille cette gourmandise qui naît, grossit et déteint sur nous. La fractale est alors entière et les contingences oubliées, l'univers est debout et l'infini tient dans l'instant. On se dit, être, c'est avoir envie.

Cette gourmandise me fait synesthésique. J'inverse et fusionne les sens pour te voir et t'avoir, pour gouter de toi le su et l'inconnu, pour subtiliser de tout ton être le du, le nu, le bu et l'indu.
Ton sexe devient un son, ton goût m'arrive comme une couleur, ton parfum m'est murmuré. Je touche ta voix des mains et caresse ton odeur. Chacun de tes sens peut nourrir chacun des miens. Le plaisir est intense, la délivrance est totale et ma bouche s'abreuve et s'enivre.
Ces instants-paradoxes qui font de nous des "tout" puis des riens, mettent l'univers au pied d'une lèvre ou en font un mouvement subtil de la langue qui vaut l'univers. Ces moments sont des instants de vie, ou des vies dans l'instant. Ils ont leur éternité propre. Les étreindre c'est ne jamais s'éteindre !

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Cette photo a, par ailleurs, fait l'objet d'un défi lancé par l'Effrontée.
Elle devait érotiser le mot "Gourmandise". Voir les autres défis ici.



lundi 7 février 2011

Profil libertin




Il est de ces soirs où les rencontres sont propices, où l'envie est plus forte.
Il est de ces soirs où nous avons les mots pour suggérer, les mots pour partager.
Il est des mots qui ont besoin de s'habiller de nuit, comme vos deux corps qui savent se suggérer publiquement et se donner pudiquement.


Une faille dans le temps s'est créée entre notre arrivée dans ce lieu et tous les avants, et les après possibles et probables. Cette faille avait le feu pour parfum, et chacun de ses yeux offrait un horizon différent comme pour ne jamais cesser d'osciller, peut-être pour ne rien rater de vous ou pour être fou et verser, comme vous, dans le trop de vie, l'insatiable envie.


Pour vous et par vous est née cette idée d'une vie de profil. Une posture dans laquelle les autres sont là, dans le champ visuel, ils bordent le regard, ils le délimitent. 
Dans la vie de profil, les autres ne cachent pas l'horizon, mais le partagent. Rien n'est imposé, rien n'est évident, on se retourne pour les voir, on cherche une ou deux mains pour les sentir et les saisir...
Dans la vie de profil, seuls comptent les mots, les sensations, les senteurs.


La vie de profil offre la face comme récompense, comme royaume des sens. Dans ce cas, on sort de son profil, on se saisit des autres, on pétrie les envies, on amoure les corps, on pénètre les fantasmes de face, objets de la verticale ou réceptacles à l'horizontal, subissant des assauts incessants et indécents... 
Les fantasmes sont alors les premières victimes car des jeux qui font bander la peau et lui font supplier le plus, les poignets se nouent d'eux-mêmes, les coudes épousent le plat du sol ou du bois, et les voix s'élèvent au rythme des à-coups et des lenteurs.

Vide du monde et avide de vous, je vous écris comme je vous regarde, un oeil pétri de poésie, l'autre dans l'obcession de vous !



samedi 5 février 2011

Saturday night fever

Tu rentres ce soir un peu avant minuit, me dis-tu ?

Je t’attendrai.
Je t’attendrai dans notre temple divin où les encens brulent, où les offrandes abondent et où les nuits sont éphémères.
Je te donne rendez-vous en dehors du temps et de l'espace. Toutes envies dehors, je t'attendrai sur le lit de notre parenthèse de temps.

Je serai dans mes hauts souliers, colonne de luxure soutenant le palais des merveilles. Un sourire radieux de retrouvailles d’abord et cette caresse partant de la naissance de ta bouche jusqu'au lit de ta nuque afin que les peaux s’embrassent et se souviennent.
Je veux un moment d’assise pour saisir de toi la senteur, les silences et ce regard de prédation qui lèche l’air et aiguise les appétits.

Nos retrouvailles seront emplis de maux avalés qu'il faudra bien restituer à coup de coups, de bouts induits et introduits, de bouche révolutionnaire… trop polie pour se révolter la bouche pleine.

Je serai suppliante pour te subir du bas, saisissante pour te voler à l'instant, imposante pour dresser de toi la pose et la prose, partante pour être ton objet dansant.
Pour me venger de ta longue absence, je te traiterai mal et te maltraiterai bien, te consommerai comme le corps d'un mille feuille trop dur pour être bu, trop mou pour être croqué, alors on lèche, on s'en met partout, on suce les doigts et s'assure d'avoir tout avalé! 





Oui !
Lève haut les voiles, brandis donc ton étendard que je puisse te voir arriver de loin !
Tu seras conquérant pour coloniser mes portes et immaculer de blanc mon doré de peau ! 

Rentre vite ! 

Ton aiman-T


copyright photographie Miss Buffet Froid

vendredi 4 février 2011

Course libre



Seule dans le vestiaire, j'entends les trompettes au loin qui sonnent le début des hostilités.
Rituel en acte où le raseteur doit effronter la bête. Quand j'entrerai dans l'arène, il devra faire preuve d'habilité pour décrocher ce qui dissimule mes attributs. 
Soies et dentelles ont été soigneusement sélectionnées pour ne pas rendre la tâche facile... 


Torse nu mais blanc de chair, crochets affutés, odeur charnelle de la tension palpable, mon tempérament de taurine ne se laisse pas dépasser. 
Razets, baisers, gland exhibé, cornes frôlées, coup de b-arrière, la course est haletante. La sueur ruisselle sur les ficelles qui se délient au fur et à mesure que les langues se dénouent.


L'intensité du combat atteint son paroxysme quand le razeteur stop net son chevauchement avec ma peau de bête.
Razeteur habille mais néanmoins, vaincu. Ma cocarde, elle, est toujours en place. 


Musique de Bizet, extraits de Carmen, je retourne vaillamment au vestiaire après avoir défendu avec succès une partie de mes charmes attributs. 

jeudi 3 février 2011

Faites place au Baristas

Texto de lui:
Il n'y a pas 5 minutes, le Baristas (encore un nom à la con!) arrive poussant son caddie.
Je lui demande : "La commande se prend dans ce sens?"
Il me répond : "Vous pouvez me prendre des deux côtés!"


J'adore! ... Mais je me place où dans cette affaire, chéri?