lundi 7 mars 2011

Symphonie avec Acorps majeur


C'est comme dans la musique, les noires côtoient les blanches, et les silences sont maitres de toute mesure. 
Tu géreras la lumière et choisiras toi-même le mur de mon supplice. J’y verrai le noir servir notre nudité et la lumière offrir à notre pudeur un parfum de scandale.
Poupée de rire, je muerai alors en femme fatale et vorace, consommant le chaud et le cru. Bandante et fendue au milieu, ma langue goûtera de toi toutes les salives, j'aimerai avant d'humer, et avalerai sans compter. Ma peau baisera la tienne et mes yeux feront le plein de toi pour les jours sans toi.

Mais à trop te vouloir, tu refuseras de me percher sur ta dure réalité.
Tu nourriras seulement une bouche et pas l'autre. 
Tu contenteras juste les peaux et les mots.
Et tu écriras une sym-folie en dos majeur pour moi qui aime la cadence et l'indécence... 
Penchée sur ton ouvrage, tu obligeras mes sens à jouer pour toi, j’aurai à cœur et à cri d'honorer ta partition :
- J’aurai les yeux bandés pour que ma bouche et mon nez s'abreuvent de senteur et bondissent sur la proie pour en saisir le goût et le bout
- Je serai bâillonnée afin que mes yeux voient, que mon nez sente mais que je ne puisse entourer de lèvres ce que ma langue voudra lécher et tutoyer 
- Je serai nouée des poignets afin de subir sans choisir et sucer sans faillir 
- Ma joue chérira le sol et mes coudes seront solidaires pour attendre et entendre la profusion de toi dans mon eau de feu 
- Joueur et jouisseur, tu ne me quitteras pas des yeux quand tu te feras fontaine. En dame blanche, ta tige me fêtera et signera ma peau d'un lait d'absolu qui sera toi, au plus profond de moi...          




13 commentaires:

  1. C'est délicieusement troublant cette soumission dominante qui s'offre et se refuse à la fois.
    Vous proposez et vous disposez, en quelque sorte ! Est-ce bien raisonnable ? :)
    Autant dire que j'adore ...
    La suavité des contrastes de chairs mêlées aux substances du désir ...
    L'illustration est parfaite !
    Vous a-t-il détachée depuis ? ;)

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  2. heu...oui je propose et je dispose....enfin, au départ, c'est ce que je me dis
    ;-)
    ...puis il a fait de moi une croche...suspendue à ses désirs!
    Finalement, c'était une partition écrite par une gueule d'ange avec qui j'ai du mal à m'affirmer...
    Et vous savez quoi Philo? ça me plaît! ;-)

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  3. Fan de votre langue... des émotions et des images que vous provoquez en créant des collisions riches hors de tous les clichés d'écriture. C'est dit...

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  4. Ce qui est bien avec vos textes, c'est qu'il y a plusieurs niveau de lectures..
    Apparition d'images oniriques accompagnée d'une sensuelle musicalité ..
    RCL

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  5. @ Claire
    Fan de ma langue ?!! oh, la la! ;-)
    Je connais une dingue digue qui va céder et nous offrir un succulent water world qui adoucira les mœurs...
    Des bises par collision alors!

    @RCL
    Ah vous! Venez voir, j'ai encore d'autres niveaux de lecture... Ils peuvent donner à chacune de nos folles entreprises un parfum de possible... ;-)

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  6. Amour dévorant, vous souhaitez être attachée pour ne pas cannibaliser votre amant. Bouche acérée, langue venimeuse et lèvres caustiques, votre gourmandise sera donc assujétie aux barreaux du lit. Vous exprimerez alors ces tempêtes qui sommeillent en vous, laissant éclater l'O-Rage, sous une pluie blanche immaculée.

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  7. @Ocerbit
    Merci de votre passage!
    Au plaisir de vous lire chez vous...

    @Acorps Majeur
    Comment vous savez tout ça vous? :)

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  8. J'ai bien aimé votre blog et je vous félicite! et cette image saisissante, un beau dimanche est mon désir, ici au Brésil.

    M. Lucius.

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  9. @LUCIUS:
    Agradeça o e Acolhimento!!!!!!

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  10. J'ai aimé Gainsbourg et adoré Nougaro. Vos mots sont musicaux, syncopés, portent en eux la rockalité garonnesque du beau Claude. Les eaux toulousaines sont troubles et tourmentées. Vos eaux sont claires et limpides, abreuvent nos imaginaires, nourrissent nos fantasmes. Fontaines je me nourrirai de tes eaux, tu reconstruira mon désespoir de les avoir vus disparaître ces faiseurs de mots qui soignaient tous nos maux.
    Je vous découvre via notre Belle Effrontée et alors, l'art des mots que vous conjuguez n'est ni Bled ni Grévisse, il est juste beau.
    Ds

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  11. Un style exquis. Merveilleux jonglage érotique avec les mots.
    Et illustration troublante.

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  12. Ouf
    Un texte qui aura excité mon imagination, et pas que...

    Une Symphonie envoûtante, lancinante, qui traîne dans nos têtes.
    V

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