jeudi 24 mars 2011

Terrain glissant



Vous êtes allongés sur la table, sur le ventre, totalement nu.
Traditionnel massage, c’est comme si le soleil s’étalait sur vos larges épaules, vos fesses rebondies et vos mollets tendus. 
Mon corps chaud et vernis officie comme une machine bien huilée. Votre danseuse nue doit vous tripoter sans retenue.

Caresses de la pulpe des doigts pour faire pénétrer la substance sirupeuse. Baisers de la pointe des seins pour tenter votre peau délassée. 
Je vous badigeonne avec mes cuisses et vous affrictionne avec mes joues.
Je laisse glisser mes reins pendant que ma chevelure disperse les fragrances d’huile à la rose musquée.


Votre nuque se détend mais vos membres s’étourdissent.
Votre corps se déforme, tenté par le vice.
La surface de votre peau devient totalement érectile, vous décidez de vous retourner.


Vous êtes allongés sur la table, sur le dos, totalement tu.
Mes mains survolent votre peau, glissent le long de votre torse et folâtrent sur votre ventre.
Ma croupe vous fait de l’ombre sur le visage alors vous ouvrez les yeux. Aussitôt, les foudres de ma bouche soyeuse vous rendent aveugle. 
Ma langue musarde et se délecte malicieusement. Mes doigts se distendent sur les tissus et se réunissent pour tendre les muscles. Mes paumes pétrissent vos bourses fermes et moelleuses, malaxent vos chevilles abandonnées aux contorsions.
Mes coudes ondulent au creux de votre aine. Mes lèvres recourbées de velours humides assurent un rythme constant à votre membre ravi. Mes seins luisants battent la cadence sur mes poignées. Mes hanches suivent le mouvement hypnotisant.


Savant corps à corps où chaque centimètre de peau est vouvoyé, où même le gland sait être poli.
Je vous complimente.
Vous me faîtes la promesse de faire ruisseler mon visage d'un lait velouté.

samedi 12 mars 2011

BON POUR...

...la rencontre tactile
la descente facile
la montée reptile
la bouche docile
la douche en mille 
les fesses dressées
les mains tressées
les dessous baissés
la peau tassée
les bouts sucés
les trop imposés
les vides comblés
les dures subis
les doux sombrés
les cous cambrés
les goûts proposés
les tout assouvis
les mots dictés
les joues lactées
les genoux sollicités
le sol rapproché
l'enfer visité
le paradis investi
le corps donné
le temps dure
le mur mure
la mort sure

à ton fur et ta mesure.






lundi 7 mars 2011

Symphonie avec Acorps majeur


C'est comme dans la musique, les noires côtoient les blanches, et les silences sont maitres de toute mesure. 
Tu géreras la lumière et choisiras toi-même le mur de mon supplice. J’y verrai le noir servir notre nudité et la lumière offrir à notre pudeur un parfum de scandale.
Poupée de rire, je muerai alors en femme fatale et vorace, consommant le chaud et le cru. Bandante et fendue au milieu, ma langue goûtera de toi toutes les salives, j'aimerai avant d'humer, et avalerai sans compter. Ma peau baisera la tienne et mes yeux feront le plein de toi pour les jours sans toi.

Mais à trop te vouloir, tu refuseras de me percher sur ta dure réalité.
Tu nourriras seulement une bouche et pas l'autre. 
Tu contenteras juste les peaux et les mots.
Et tu écriras une sym-folie en dos majeur pour moi qui aime la cadence et l'indécence... 
Penchée sur ton ouvrage, tu obligeras mes sens à jouer pour toi, j’aurai à cœur et à cri d'honorer ta partition :
- J’aurai les yeux bandés pour que ma bouche et mon nez s'abreuvent de senteur et bondissent sur la proie pour en saisir le goût et le bout
- Je serai bâillonnée afin que mes yeux voient, que mon nez sente mais que je ne puisse entourer de lèvres ce que ma langue voudra lécher et tutoyer 
- Je serai nouée des poignets afin de subir sans choisir et sucer sans faillir 
- Ma joue chérira le sol et mes coudes seront solidaires pour attendre et entendre la profusion de toi dans mon eau de feu 
- Joueur et jouisseur, tu ne me quitteras pas des yeux quand tu te feras fontaine. En dame blanche, ta tige me fêtera et signera ma peau d'un lait d'absolu qui sera toi, au plus profond de moi...          




mardi 1 mars 2011

Au delà des dragons, je vous veux!



Quand ils traçaient la carte du monde, les anciens cartographes qui pensaient ce monde fini lui dessinaient une frontière, et écrivaient en lisière de cette frontière "passé ce cap il y a des dragons" pour imager la méconnaissance de ce qui pouvait se trouver au-delà de cette ligne. 

J'ai entrouvert la porte du manège enchanté qui fait tourner les humains les uns autour des autres, vous étiez en face. Le temps de se regarder et la confiance et la complicité étaient là. 
Il y a peut être des dragons derrière cette porte, mais mon envie de vous l'emporte sur les peurs et les cartographes. 

Je veux vous voir jouir, je veux toucher vos sens, je veux sentir vos tripes, je veux vous vivre, je veux votre envie.
Mes mains, ma bouche, tout de moi veut explorer tout de vous. Les peaux seront cuites et les frottements sauront décupler les fièvres et les sueurs. Nous jouirons de pair au plus profond de la nuit avant de se coller pour se regarder de très près, de trop près. Cette zone dans laquelle l'autre devient flou et partiel, comme pour nous obliger soit à reculer, soit à accepter que son visage devienne un nuage aux contours imprécis, aux traits flottants! 

Il y a deux infinis physiques, l'infiniement grand que nous ne pouvons appréhender qu'en théorie, et l'infiniement petit derrière lequel nous courons "nanoniquement".. Puis il y a les infinis de chacun, et ceux que l'on se fabrique à deux. Rien ne vaut ceux-là car notre être et notre émoi deviennent l'échelle de mesure. Nous avons alors l'impression inouie de mesurer l'incommensurable, de sonder les profondeurs du temps, alors que nous sommes le plus souvent dans l'éphémère le plus pur.

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C'était la digression du jour sur une de nos discussions et une invitation à fabriquer notre infini ensemble.