mardi 1 mars 2011

Au delà des dragons, je vous veux!



Quand ils traçaient la carte du monde, les anciens cartographes qui pensaient ce monde fini lui dessinaient une frontière, et écrivaient en lisière de cette frontière "passé ce cap il y a des dragons" pour imager la méconnaissance de ce qui pouvait se trouver au-delà de cette ligne. 

J'ai entrouvert la porte du manège enchanté qui fait tourner les humains les uns autour des autres, vous étiez en face. Le temps de se regarder et la confiance et la complicité étaient là. 
Il y a peut être des dragons derrière cette porte, mais mon envie de vous l'emporte sur les peurs et les cartographes. 

Je veux vous voir jouir, je veux toucher vos sens, je veux sentir vos tripes, je veux vous vivre, je veux votre envie.
Mes mains, ma bouche, tout de moi veut explorer tout de vous. Les peaux seront cuites et les frottements sauront décupler les fièvres et les sueurs. Nous jouirons de pair au plus profond de la nuit avant de se coller pour se regarder de très près, de trop près. Cette zone dans laquelle l'autre devient flou et partiel, comme pour nous obliger soit à reculer, soit à accepter que son visage devienne un nuage aux contours imprécis, aux traits flottants! 

Il y a deux infinis physiques, l'infiniement grand que nous ne pouvons appréhender qu'en théorie, et l'infiniement petit derrière lequel nous courons "nanoniquement".. Puis il y a les infinis de chacun, et ceux que l'on se fabrique à deux. Rien ne vaut ceux-là car notre être et notre émoi deviennent l'échelle de mesure. Nous avons alors l'impression inouie de mesurer l'incommensurable, de sonder les profondeurs du temps, alors que nous sommes le plus souvent dans l'éphémère le plus pur.

---------------

C'était la digression du jour sur une de nos discussions et une invitation à fabriquer notre infini ensemble.


4 commentaires:

  1. Très beau texte !
    C'est toujours agréable et troublant de lire en mots ordonnés l'expression de ce qui est souvent impalpable.
    J'aime beaucoup le passage sur le regard de près, qui est tellement vrai et vital, d'une certaine manière ...
    Belle découverte !

    RépondreSupprimer
  2. Oh Philo! Si vous aussi vous êtes adepte du lacher-prise au point de vous laisser embarquer en terres inconnues...
    J'aime bien, quelques fois, me coller nez-à-nez avec mon partenaire et avoir le sentiment de scruter une oeuvre de Picasso : visage désaxé, transformé en masque expressif. On peut y voir des personnalités différentes selon l'angle de notre tête par rapport à la sienne...

    ... rassurez-vous, je ne suis pas toujours en mode Philo .... ;-)

    RépondreSupprimer
  3. Des rois, des dragons, des étendards, des moments enchantés..
    De la vraie poésie médiévale pour des moments très contemporains
    RCL

    RépondreSupprimer
  4. oui j'ai aussi parfois le sentiment de vivre dans un autre espace temps ;-)
    bon sauf quand le réveil sonnera demain matin....outchhh

    RépondreSupprimer